[ACTU] La tradition de Noël en Espagne

Publié le Mardi 17 décembre 2019
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Décembre, le mois des lumières scintillantes est bien là ! Les vitrines des magasins sont joliment décorées et dans les rues l’on sent les châtaignes grillées et entend la musique de Noël. C’est le mois des festivités de Noël et de la fin de l’année. C’est le mois que tous les enfants attendent avec impatience. C’est la période de l’attente, de l’avent pour d’autres et pour tous un même souhait de se retrouver en famille et de s’offrir des cadeaux. C’est l’entrée dans l’hiver et des envies de neige, de traineaux et de vin chaud ! C’est la magie de Noël !

Décembre est pour chacun un moment très particulier de l’année où les joies et les chagrins s’entremêlent pour un souhait d’une bonne nouvelle année prochaine.

Comment se célèbre ce mois de décembre dans les autres pays d’Europe ?

Les lumières, les décorations, les châtaignes, les retrouvailles familiales sont partout présentes dans chacun des différents pays. Ce sont les traditions et les habitudes qui diffèrent. Chaque pays mais aussi bien souvent chaque région a les siennes. Aujourd’hui chaque famille a aussi ses propres habitudes.

Je vais vous parler de l’Espagne et de sa longue période de fêtes de fin d’année.

Joyeux Noël se dit « Feliz Navidad ».

« Las fiestas navideñas » durent un peu plus longtemps en Espagne qu’en France et même qu’ailleurs dans les autres pays. Elles sont très différentes d’une autonomie à l’autre du nord au sud et de l’ouest à l’est du pays. Ces traditions portent aussi des noms différents.

En Espagne c’est Noël avant l’heure car le pays tout entier joue à l’une des plus grandes loteries du monde « Sorteo de Navidad ». Cette loterie lance en quelque sorte les festivités et très peu d’espagnols n’y prennent pas part. Le tirage au sort, retransmis à la télévision, est effectué par des enfants et a lieu le 22 décembre.

Toutes les habitations ont généralement une crèche que l’on installe traditionnellement le 8 décembre et puis un sapin. Le sapin est plutôt une tradition récente (moins de 50 ans).

Le réveillon de Noël « Nochebuena » se fête également le 24. C’est le moment le plus important. Au menu, pas de dinde traditionnelle. Il n’y a pas un seul plat typique mais plusieurs plats qui diffèrent d’un foyer à l’autre. L’on peut trouver sur les tables espagnoles du porc, de l’agneau, des fruits de mer mais aussi parfois de la dinde ou pintade. Pour le dessert vous trouverez bien souvent un assortiment de « dulces de Navidad » comme le mazapán (sorte de pâte d’amande), polvorones (sablés espagnols) et de turrón (sorte de nougat plus ou moins tendre à base d’amandes, noisette, pignons mélangés à du miel, chocolat ou sucre). Là aussi chaque autonomie a sa propre recette !

Après le repas beaucoup d’espagnols ont pour coutume de se rendre à la « messe du coq » où ils pourront découvrir la crèche « el belén » (Jésus est bien là mais les rois mages se tiennent encore à distance). A minuit c’est la naissance de Jésus Christ et les espagnols vont à la « misa de gallo » qui tire son nom de l’animal annonciateur de la naissance du christ mais aussi de l’heure à laquelle se termine la messe de Noël, vers 5 heures du matin (au chant du coq). Je vous rassure car aujourd’hui, à deux heures du matin, tout le monde est rentré chez soi et le champagne espagnol « cava » ou digestifs sont proposés ainsi que des parties de cartes. Les jeux sont très populaires pour Noël !

Parmi les traditions espagnoles l’on retrouve aussi l’arbre de Noël dans les rues, les crèches, le marché et les chants traditionnels de Noël déclamés par les enfants, « los vilancicos ».

Le 25 tout comme en France, c’est un nouveau partage culinaire autour de la table familiale. Les familles se retrouvent de nouveau et fêtent le jour de la naissance de Jésus.

Pour les cadeaux il faudra encore patienter car en Espagne il faut attendre la fête des rois mages,  l’épiphanie, le 6 janvier. « Los reyes magos » viennent eux-mêmes déposer les présents ainsi qu’un gâteau rond, « le Roscón de Reyes » dans lequel se trouve un autre cadeau. A Madrid par exemple les enfants voient défiler le 5 janvier, la veille, des chars resplendissants qui transportent les trois rois parés de leurs plus beaux vêtements. A la manière du père Noël, ils distribuent des bonbons dans les rues. Ensuite avant d’aller se coucher, les petits laissent leurs souliers dans un endroit de la maison en évidence. Au petit-déjeuner l’on ouvre les cadeaux et mangent ensemble le « roscón de reyes » en forme de couronne avec des fruits confits pour représenter les bijoux qui ornent les manteaux des Rois mages. Une fève est parfois cachée dans ce gâteau tout comme dans notre galette des rois.

Un exemple d’autre tradition et particularité, en Catalogne, les enfants frappent sur le « Caga tió », une bûche qui «lâche» des petits cadeaux. Le « tió de Navidad » est aussi une tradition aragonaise (la région du peintre Goya). Fondamentalement la tradition veut qu’on mette chez soi un petit tronc ou une bûche de bois, décoré avec des yeux, un nez, une bouche avec un large sourire et habillé d’une « barretina » un béret rouge catalan et d’une couverture. Une fois installé on le nourrit du début de l’Avent jusqu’à la veille de Noël, soit le 24 décembre. Puis avant le repas de Noël les enfants le battent avec des bâtons en chantant dans l’espoir que le lendemain, le 25 décembre et jour de Noël, il défèque des cadeaux. A l’origine les enfants recevaient ainsi des bonbons ou biscuits. Aujourd’hui il livre des vélos, ordinateurs ou portables dernier cri !

Le 28 décembre c’est un jour férié, « el día de los santos inocentes ». Le massacre des jeunes enfants ordonné par le roi Hérode, qui constitue un épisode de la Bible, est commémoré de manière particulière car il s’agit de faire des farces. C’est un peu le premier avril de chez nous à l’exception qu’on colle des bonhommes en papier dans le dos plutôt que des poissons.

Le 31 décembre, c’est la « Nochevieja » qui commence généralement en famille. L’on attend minuit et à chaque coup de l’horloge ou cloche, chacun mange ses 12 raisins préalablement préparés dans une petite coupelle. (Ne pas oublier de boire un verre d’eau avant). Au 12ème et dernier coup de gong l’on est censé avoir fini toute la coupelle et cela porte bonheur. Cette tradition date de 1909 lorsque les vignerons d’Alicante ont pensé que ce serait un moyen de remédier au surplus de production de cette année-là. Aujourd’hui ce geste est suivi par tous les espagnols. Après cela les plus jeunes retrouvent leurs amis pour continuer la fête jusqu’à l’aube.

Et chez nos autres amis des autres pays d’Europe ? Comment cela se passe-t-il ?

Ce descriptif nous a été transmis par Bettina Cuvillier du Comité de jumelages Agen Tolède.

 

 



 

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