[ACTU EUROPE] Pesticides : l'UE doit-elle interdire le glyphosate ?

Publié le Mardi 22 janvier 2019
L'image est libérée de droits d'auteur sous Creative Commons CC0. Source : pxhere.com

Le glyphosate est l'herbicide le plus répandu dans le monde et contenu notamment dans le Roundup de Monsanto (entreprise rachetée par Bayer en 2018). Utilisé depuis 1974, son autorisation a été renouvelée fin 2017 dans l'UE après des mois de discussions et sur fond de controverse scientifique sur son caractère potentiellement cancérogène. En janvier 2019, le Parlement européen a voté en faveur de procédures plus transparentes pour l'autorisation des pesticides en Europe.

Qu'est-ce que le glyphosate ?

Le glyphosate est une molécule de synthèse, utilisée le plus souvent comme herbicide (désherbant). Adjoint à d'autres produits, il permet l'élimination des mauvaises herbes sur les surfaces agricoles, industrielles (comme les chemins de fer) ou paysagères (parcs et jardins). Herbicide le plus répandu dans le monde, il est notamment et principalement contenu dans le Roundup, l'un des produits phares de la marque américaine Monsanto, rachetée par l'Allemand Bayer en 2018. En moyenne, entre 2009 et 2014, 680 000 tonnes de glyphosate ont été épandues chaque année dans le monde. Un volume qui a atteint 826 000 tonnes en 2014 selon une étude parue dans la revue Environnemental Sciences Europe, et environ 8 000 tonnes en France en 2016, selon une estimation réalisée par Franceinfo.



Pourquoi le renouvellement de l'autorisation du glyphosate a-t-il posé problème ?

Autorisé depuis sa création en 1974, le glyphosate suscite le débat depuis mars 2015. A l'origine de la controverse : son classement comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence intergouvernementale sous l'autorité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies. Or ce résultat a été contredit en novembre 2015 par une étude rendue publique par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Dans l'incertitude, de nombreux Etats membres ont refusé de renouveler l'autorisation du glyphosate dans l'UE, qui arrivait à échéance le 30 juin 2016 (la France et l'Allemagne préférant s'abstenir). Dans l'attente d'une nouvelle étude, de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) cette fois, la Commission européenne n'a ainsi prolongé l'homologation du produit que jusqu'au 15 décembre 2017.

Finalement publiée en mars 2017, la nouvelle étude rejette, à l'instar de celle de l'EFSA, le caractère potentiellement cancérogène du glyphosate. Toutefois, sa dangerosité potentielle n'est pas écartée. En effet, comme le dénoncent nombre de scientifiques, d'ONG et de personnalités politiques, les rapports du CIRC, de l'EFSA et de l'ECHA ne sont pas comparables. Alors que le premier se prononce sur les produits commercialisés, comme le Roundup, les deux autres n'étudient que le glyphosate seul, sans les adjuvants qui renforcent ses effets. De plus, lorsque le CIRC base son analyse sur des études publiques, l'EFSA et l'ECHA travaillent principalement à partir de données directement transmises par les industriels, dont Monsanto, ce qui rendrait leurs conclusions contestables.

C'est ce qu'a en tout cas dénoncé le scientifique américain Christopher Portier dans une lettre ouverte adressée le 29 mai 2017 à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. "Autant l'EFSA que l'ECHA ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d'augmentation d'incidence de cancers, dans les études menées sur les rongeurs", écrit-il. Avant de préciser avoir décelé "huit cas d'augmentation d'incidence significative de différentes tumeurs", qui n'apparaissent dans aucune des deux publications. En conséquence, M. Portier appelle l'EFSA et l'ECHA à "conduire leur propre analyse".

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Source : touteleurope.eu

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