Trump, Poutine, Brexit : une chance pour l'Europe ?

Publié le Mardi 11 avril 2017

L’annexion de la Crimée et la déstabilisation de l’Ukraine orientale par la Russie ont montré la faiblesse politique et militaire d’une Europe incapable de répondre collectivement et unanimement aux défis. L’élection américaine rappelle aux Européens qu’ils ne peuvent plus faire reposer leur défense essentiellement sur les États-Unis. Le Brexit déclenché par une petite majorité de Britanniques (et qui ne restera pas sans conséquences internes pour eux) vient montrer que l’Union européenne doit se transformer profondément, non pas seulement pour exister, mais pour mieux répondre aux vœux et aux besoins de ses populations.

Mais quelles sont les hypothèses ? Jean-Claude Juncker les évoque dans son Livre blanc :

  1. Ne rien changer, ne faire ni plus ni moins en commun et ne pas toucher aux institutions actuelles.
  2. Réduire la voilure en recentrant l’Union sur le marché unique, sur une zone de libre-échange, et en abandonnant donc la majeure partie des grands acquis communautaire.
  3. En faire moins en commun, mais mieux, en se concentrant sur des sujets prioritaires et renonçant à l’ambition de progressivement unifier l’Union par ses lois, normes et réglementations.
  4. Marcher, clairement et décidément, vers un État fédéral et les États-Unis d’Europe.
  5. L’Europe à plusieurs vitesses, cette « Europe différenciée » qui a la faveur de Paris, Rome, Berlin, Madrid, Bruxelles, Luxembourg, La Haye et dans laquelle ceux qui veulent aller plus loin plus vite le pourraient sans que les autres soient obligés de les suivre ni puissent les en empêcher.

S’il semble évident que les positions des pays sont aussi éloignées politiquement qu’elles le sont géographiquement entre, très schématiquement, l’est et l’ouest de l’UE, doit-on attendre que les Vingt-Sept s’accordent pour avancer d’un même pied ? Ne trouverait-on pas plus logique et efficace qu’un groupe de pays désireux d’avancer, autour des Pères fondateurs, mette en place une coordination plus grande, et que ceux des nouveaux pays que l’on a fait entrer par vagues successives entre 1973 et 2013 sans vraiment exiger d’eux qu’ils se plient à des règles préexistantes mais en leur donnant successivement le droit de participer à la définition des règles communes, les rejoignent dans cette avancée s’ils le souhaitent ? À défaut, ils se contenteraient de rester dans le grand marché européen mais n’auraient pas voix au chapitre sur les décisions du groupe avancé.

Quel sera, dans ce contexte, le choix de la France ? C’est l’un des enjeux, trop rarement évoqué, de la campagne présidentielle actuelle.

La social-démocratie allemande a choisi d’aller à la bataille législative en défendant à la fois l’Europe et le changement de ses politiques économiques. Ce pari qu’elle n’aurait pas fait il y a encore un an est un signe des temps, de temps qui changent aussi en France car prenons les principaux candidats à la prochaine présidentielle.

 

Alain Slanoski, Membre du Bureau de la Maison de l'Europe, Conseiller chargé de la communication

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