Que fait l’Europe en #NouvelleAquitaine ? Des auto-écoles solidaires pour l’insertion sociale et professionnelle

Publié le Vendredi 1 juin 2018

Tous les mois, les Centres d'Information Europe Direct (CIED) de la Nouvelle-Aquitaine vous proposent un exemple d'action concrète de l'Union européenne sur une partie de notre territoire.

Ce mois-ci, le CIED des Charentes a rencontré Yves GILLET, directeur pédagogique de l’auto-école solidaire lancée par Emmaüs de Ruffec pour permettre à tous d’accéder au permis de conduire. Ce projet a pu voir le jour en partie grâce à un Fonds Social Européen (FSE), délivré par l’intermédiaire du Conseil Départemental de la Charente.

Pouvez-vous me parler un peu plus de l’auto-école solidaire ?

Située à Ruffec, dans une zone rurale où très peu de transports en commun circulent, l’auto-école permet à des personnes non-mobiles d’accéder au permis de conduire. En effet, en 2016, trois quart des jeunes n’avaient pas le permis, ce qui constitue un frein énorme pour trouver un emploi.

Cette auto-école permet de passer son permis pour 300€, lorsqu’une auto-école classique facture en moyenne 1200€. Les bénéficiaires apportent une participation de 25% du coût total.

Quel est le profil des personnes qui bénéficient de cette formation ?

Cette auto-école s’adresse aux personnes ayant des difficultés d’apprentissage, économiques, sociales ou cognitives. Elle propose une pédagogie adaptée tant pour la formation théorique du code de la route que pour l’apprentissage pratique de la conduite. Des critères d’admission sont exigés pour accéder au dispositif. Nous formons des demandeurs d’emploi, des jeunes, des bénéficiaires du RSA…

Quels sont vos retours sur ce projet ?

L’auto-école portée par Emmaüs de Ruffec existe depuis 2016. Une trentaine de personnes ont pu en bénéficier. Les résultats du code et du permis de conduire ont été très encourageants dès le début. Pour les personnes bénéficiaires, on a constaté une amélioration de la confiance en soi, un développement des connaissances générales et une redynamisation (individuelle et professionnelle).



Vous souvenez-vous du montant de l’enveloppe que vous avez obtenue et quels ont été les cofinancements nécessaires par rapport à votre budget global ?

Le budget affecté au fonctionnement de l’auto-école solidaire et aux investissements est de l'ordre de 100 000€ au 31 décembre 2017, réparti pour 80% au fonctionnement et 20% aux investissements.

Le fonctionnement est financé par le FSE (pour 58%), le Département de la Charente (25%), l'Etat dont Pôle Emploi (5 %), la Région Nouvelle Aquitaine (5 %), les Collectivités locales Communautés de Communes Val de Charente et Cœur de Charente (3%). Enfin, une part d'autofinancement lui est consacrée (4%).

Les investissements ont été possibles grâce à la MSA des Charentes, la Région Nouvelle Aquitaine et des entreprises du secteur privé (MACIF Caisse d'Epargne).

Aujourd’hui avez-vous d’autres projets en direction des mêmes publics ?

Nous avons de nombreux autres projets, comme l’extension du parc de location des scooters, voitures et voiturettes et le développement d’autres Auto-écoles solidaires sur le territoire.

Nous souhaitons également créer un véritable Pôle Mobilité qui regrouperait plusieurs projets : Mobs’Solidaires (dispositif de location à bas prix de 2-roues du Comité de Ruffec), l’Auto-Ecole Solidaire et le dispositif Conseil-Mobilité-Insertion lancé par le Comité d’Amis d’Emmaüs Ruffec.

Existe-t-il d’autres projets de ce genre en Charente ?

Il existe en effet deux autres projets similaires en Charente : la première, « Les 4 Routes », garage associatif et auto-école solidaire située à Cognac et la seconde située à Angoulême et portée par l’APLB (association du Père le Bideau). Ces auto-écoles sont elles aussi soutenues par le FSE.

 

 

 

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