[ACTU EUROPE] Budget européen : ce que contiennent les propositions de la Commission européenne

Publié le Jeudi 3 mai 2018

La Commission européenne a, mardi 2 mai, présenté ses propositions pour le budget de l'UE après 2020. Comme prévu, Bruxelles plaide pour un cadre financier pluriannuel (2021-2027) accru et incluant de nouveaux champs d'action comme la gestion des migrations ou la sécurité. Toutefois, des coupes font également partie des annonces de la Commission et concernent l'agriculture et la politique régionale.

Le contexte

Depuis plus d'un an, les tractations vont bon train au niveau européen s'agissant de l'avenir du budget de l'UE. Le présent cadre financier pluriannuel (2014-2020) touchant bientôt à son terme, les discussions, traditionnellement longues et difficiles, ont en effet d'ores et déjà démarré. D'autant plus que le Brexit induit mécaniquement la fin de la contribution britannique au budget de l'Union, qui représente à l'heure actuelle entre 12 et 14 milliards d'euros par an.

Dès l'automne 2016, la Commission européenne a ainsi amorcé le débat, avec de premières réflexions sur l'avenir général de l'Union européenne. Ces dernières ont ensuite été formalisées au printemps 2017, à l'occasion du 60e anniversaire du traité de Rome. Pour l'exécutif européen, il paraît clair que des changements assez profonds s'imposent si l'UE veut pouvoir faire face aux enjeux les plus pressants du moment, comme le terrorisme et la crise migratoire et veut pouvoir continuer de peser dans la mondialisation.

De fait, comme Jean-Claude Juncker, président de l'exécutif européen, l'a lui-même qualifié, l'UE traverse depuis environ une décennie une "polycrise" et il convient aujourd'hui d'en tirer les conséquences. Cela passe par un budget pluriannuel modifié. Premièrement pour gagner en flexibilité, afin de pouvoir réagir aux inévitables urgences. Deuxièmement pour gagner en solidité, pour relancer la convergence économique et sociale et affronter les crises. Et troisièmement pour gagner en modernité, quitte pour cela à revoir à la baisse les deux champs de dépense historiques de l'UE : l'agriculture et la politique régionale (cohésion).

Evidemment, des propositions budgétaires plus élevées, comme le réclamait notamment le Parlement européen qui plaide pour sa part pour un budget équivalant à 1,3% du PIB de l'UE, étaient possibles. Mais "nous voulions être pris au sérieux", a déclaré Jean-Claude Juncker le 2 mai devant les eurodéputés. Si toutes les demandes avaient été prises en compte, les 2% du PIB auraient été approchés, ce qui aurait été immédiatement refusé par les gouvernements, soutient le chef de la Commission.

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